5 min

Data Processing Agreement (DPA) : pourquoi ce document est indispensable à la conformité

Data Processing Agreement

Découvrez la signature électronique Youtrust

Essayez gratuitement pendant 14 jours notre solution de signature électronique conforme, sécurisée et simple d’utilisation

Un CRM, un hébergeur, un logiciel de paie, une plateforme de signature : chaque prestataire à qui une entreprise confie des données personnelles les traite pour son compte. Le RGPD impose un contrat écrit, appelé Data Processing Agreement, ou DPA, qui répartit les obligations et conditionne la conformité des deux côtés. Voici ce qu'il doit contenir, qui doit le signer, où trouver un modèle fiable, et ce que risque une entreprise qui s'en passe.

Résumé en bref

  • Qu'est-ce qu'un DPA ? Le contrat imposé par l'article 28 du RGPD entre un responsable de traitement et son sous-traitant.
  • Qui doit le signer ? Toute entreprise qui confie des données personnelles à un prestataire, et ce prestataire lui-même.
  • Que doit-il contenir ? Huit obligations listées à l'article 28.3, et des annexes précises sur le traitement, la sécurité et les sous-traitants.
  • Où trouver un modèle ? Dans les clauses contractuelles types de la Commission européenne et les exemples de la CNIL.
  • Quels risques sans DPA ? Une amende jusqu'à dix millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires mondial, et des responsabilités indémêlables après l'incident.

Qu'est-ce qu'un Data Processing Agreement (DPA) ?

Définition

Un Data Processing Agreement, ou DPA, est le contrat qui encadre le traitement des données personnelles qu'une entreprise confie à un prestataire. Il fixe ce que ce dernier a le droit d'en faire, et ce qu'il doit garantir. Le sigle vient des éditeurs de logiciels : le même document s'appelle aussi contrat de sous-traitance, annexe RGPD ou data processing contract. C'est l'article 28 du RGPD qui le rend obligatoire.

Attention : un accord de confidentialité ne le remplace pas. Il protège vos secrets d'affaires, pas les données des personnes concernées.

Controller, processor, sub-processor : qui fait quoi ?

Trois rôles structurent la relation.

  • Le controller, ou responsable de traitement, décide des finalités et des moyens.
  • Le processor, ou sous-traitant, agit pour son compte et sur ses instructions.
  • Le sub-processor, ou sous-traitant ultérieur, est le prestataire du prestataire : l'hébergeur cloud de votre éditeur, par exemple.

Les personnes visées sont les data subjects, les informations en jeu des personal data. Les DPA du marché étant rédigés en anglais — y compris ceux de Google, AWS ou Microsoft — ces équivalences évitent des malentendus lors de la lecture.

Terme anglais

Équivalent français

Ce que dit le RGPD

controller

responsable de traitement

Décide des finalités et des moyens

processor

sous-traitant

Traite pour son compte, sur instructions

sub-processors

sous-traitants ultérieurs

Soumis à autorisation (article 28.2)

data subjects

personnes concernées

Personnes dont les données sont traitées

personal data breach

violation de données personnelles

Déclenche la notification (article 33)

security measures

mesures de sécurité

Techniques et organisationnelles (article 32)

data processing contract

contrat de sous-traitance

Autre appellation du DPA

DPA imposé par le prestataire

Des acteurs comme Google Cloud, AWS ou Microsoft Azure proposent leurs propres DPA, souvent pré-rédigés et peu négociables. Cela ne vous dispense pas de les lire attentivement : vérifiez les clauses d'audit, les sous-traitants ultérieurs et les transferts hors UE avant de les accepter.

DPA, clauses de transfert et responsabilité conjointe

Le DPA n'est pas le seul contrat prévu par le règlement, et c'est là que naissent les erreurs. Les clauses contractuelles types de transfert encadrent l'envoi de données hors de l'Union européenne, pas la sous-traitance. L'accord de responsabilité conjointe, prévu à l'article 26, vise deux entités qui décident ensemble des finalités : ce n'est plus de la sous-traitance. Chaque montage a son contrat.

Bon à savoir

Un DPA reste nécessaire entre deux sociétés d'un même groupe dès lors que l'une traite des données pour le compte de l'autre. Le RGPD raisonne par personne morale, pas par organigramme.

Qui doit signer un DPA et dans quels cas ?

Responsable de traitement ou sous-traitant : deux rôles, deux régimes

Une entreprise est responsable de traitement dès qu'elle décide de collecter des données et de ce qu'elle en fait : fichier clients, paie, recrutement, prospection. Est sous-traitant tout prestataire qui les traite pour son compte : hébergeur, éditeur de logiciel de gestion, fournisseur cloud, cabinet de paie, plateforme de signature.

Depuis 2018, le sous-traitant porte ses propres obligations et répond directement devant la CNIL. Un même acteur cumule souvent les deux casquettes : sous-traitant pour les données de ses clients, responsable de traitement pour ses propres fichiers commerciaux.

Une qualification qui ne se décrète pas

Le contrat ne suffit pas à décider qu'un prestataire est sous-traitant. Selon la CNIL, ce sont les faits réels qui doivent être pris en compte, et non le choix contractuel : qui décide de quoi, et qui exécute quoi. En cas de contrôle, la CNIL n'est pas liée par les qualifications retenues entre les parties et peut requalifier les rôles.

Quelles clauses doivent impérativement figurer dans un DPA ?

Le socle des huit obligations de l'article 28.3

Le contrat décrit d'abord le traitement : son objet, sa durée, sa nature et sa finalité, le type de données personnelles traitées, les catégories de personnes concernées, les obligations et les droits du responsable. Il liste ensuite huit engagements du sous-traitant.

Clause de l'article 28.3

Ce à quoi le sous-traitant s'engage

a) Instructions

Ne traiter les données que sur instructions documentées du responsable

b) Confidentialité

Garantir que les personnes autorisées s'y sont engagées

c) Sécurité

Mettre en œuvre les mesures techniques et organisationnelles de l'article 32

d) Sous-traitance

Ne recruter aucun sous-traitant ultérieur sans autorisation écrite

e) Droits des personnes

Aider à répondre aux demandes d'accès, de rectification ou d'effacement

f) Assistance

Aider sur la sécurité, la notification de violation et l'analyse d'impact

g) Fin de prestation

Supprimer ou restituer les données, et détruire les copies existantes

h) Audit

Fournir les informations nécessaires et permettre les audits

Cas particulier : les données de santé et catégories spéciales

Attention

Les données de santé et les autres catégories spéciales de données (article 9 du RGPD — origines ethniques, données biométriques, convictions religieuses, etc.) font l'objet d'exigences renforcées. Si votre prestataire traite ce type de données pour votre compte, le DPA doit expressément l'encadrer et prévoir des mesures de sécurité techniques et organisationnelles adaptées au niveau de sensibilité du traitement. Un DPA générique ne suffit pas dans ce cas.

Les annexes

Un DPA se juge à ses annexes. Trois sont indispensables :

  • La description du traitement, avec sa nature, ses finalités, les catégories de données et de personnes concernées.
  • Les mesures de sécurité (security measures dans les DPA anglophones).
  • La liste à jour des sous-traitants ultérieurs.

Une annexe générique du type "mesures conformes à l'état de l'art" ne satisfait pas l'article 32 : il faut du vérifiable — chiffrement, authentification forte, journalisation. La précision fait la preuve.

Les points à négocier avant signature

Trois clauses méritent discussion, car le RGPD reste ouvert à certaines adaptations. Il est aussi recommandé de faire figurer les coordonnées du DPO de chaque partie.

  • Le délai de notification d'un data breach — l'article 33 du RGPD impose au responsable de notifier la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, dans les 72 heures après avoir pris connaissance de la violation. Si le DPA se contente de "meilleurs délais" pour le sous-traitant, ce délai devient intenable. Fixez contractuellement 24 ou 48 heures.
  • Le droit d'audit — fréquence, préavis, prise en charge, et possibilité d'y substituer un rapport indépendant (ISO 27001 ou SOC 2).
  • La réversibilité — format et délai de restitution des données, destruction documentée des copies.
  • Les plafonds de responsabilité — souvent rabotés dans les DPA proposés par le prestataire ; vérifiez leur étendue réelle.
  • La liste des sub-processors — exigez une liste nominative et une notification préalable en cas de changement, pas une simple clause d'information a posteriori.

Bon à savoir

L'article 33 impose au responsable de notifier une violation à la CNIL dans les meilleurs délais et, si possible, dans les 72 heures après en avoir pris connaissance — tout dépassement devant être justifié. Si le DPA se contente de la formule "dans les meilleurs délais" pour le sous-traitant, ce délai est intenable. Fixez contractuellement 24 ou 48 heures.

Comment obtenir un modèle de DPA conforme ?

Les modèles officiels : Commission européenne et CNIL

Il existe un modèle officiel, gratuit et utilisable tel quel : la décision d'exécution (UE) 2021/915 du 4 juin 2021, adoptée au titre de l'article 28.7. Ses clauses couvrent toutes les mentions obligatoires ; il suffit d'y annexer la description de votre traitement. La CNIL propose de son côté des exemples de clauses de sous-traitance à insérer dans un contrat existant : ce sont des exemples à adapter, et ils ne constituent pas à eux seuls un contrat.

Bon à savoir

Un modèle ne vous dispense pas de l'analyse juridique. Les clauses types couvrent le socle de l'article 28 ; elles ne décrivent ni votre traitement, ni vos mesures de sécurité, ni votre chaîne de sous-traitants.

Reprendre le DPA de son prestataire

Rien n'interdit au prestataire de proposer son DPA. La CNIL prévient que le contrat de sous-traitance ne doit pas se contenter de reproduire le RGPD : il doit expliquer concrètement comment les obligations seront mises en œuvre, et le niveau de sécurité requis. Un DPA qui paraphrase l'article 28 est vide. Vérifiez les plafonds de responsabilité et l'étendue réelle du droit d'audit, souvent réduits dans les DPA standards de grandes plateformes comme Google, AWS ou Microsoft.

Bon à savoir

Deux textes du 4 juin 2021 portent presque le même nom. La décision 2021/915 encadre la relation responsable et sous-traitant (article 28). La décision 2021/914 encadre les transferts hors Union européenne (article 46). Les deux se cumulent, elles ne se remplacent pas.

Quels risques en l'absence de DPA conforme ?

Jusqu'à dix millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires mondial

Un manquement à l'article 28 relève de l'article 83.4 du RGPD : dix millions d'euros ou 2 % du chiffre d'affaires annuel mondial, le montant le plus élevé étant retenu. C'est un manquement autonome : un contrat absent ou incomplet se sanctionne indépendamment de tout incident. Au-delà de l'amende, l'absence de DPA laisse les responsabilités dans le flou, rend la conformité indémontrable faute d'information fiable, et ralentit la gestion de crise.

Ce que la CNIL sanctionne chez un sous-traitant

Le 11 décembre 2025, la CNIL a infligé un million d'euros d'amende à Mobius Solutions Ltd, ancien sous-traitant de Deezer (Délibération SAN-2025-014, Légifrance). La société avait conservé les données de plus de 46 millions d'utilisateurs après la fin du contrat, alors que la clause de suppression existait. Elle les avait ensuite réutilisées pour améliorer ses propres services, sans instruction du responsable de traitement. La CNIL a retenu des manquements aux articles 28, 29 et 30 du RGPD : défaut de respect des instructions, réutilisation non autorisée des données, et absence de registre de traitement conforme. Établie hors de l'Union européenne, elle a néanmoins été sanctionnée — rappelant que le RGPD s'applique dès lors que des données de personnes résidant en UE sont traitées.

Bon à savoir

Le Digital Omnibus, proposé par la Commission européenne le 19 novembre 2025, prévoit d'alléger certaines règles du RGPD. Il est toujours en négociation. Le RGPD s'applique aujourd'hui dans son intégralité, article 28 compris.

Découvrez comment Youtrust sécurise vos traitements de données

Youtrust : un sous-traitant conforme pour vos documents signés

Lorsqu'une entreprise utilise les solutions de signature électronique de Youtrust, Youtrust devient sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD. Cette relation est encadrée par des engagements documentés et vérifiables.

Un accord de traitement des données publié et opposable

Youtrust publie un accord de traitement des données public, qui couvre les instructions, les sous-traitants ultérieurs, les transferts et les droits d'audit. Vous disposez ainsi d'un document opposable, sans avoir à négocier chaque clause depuis zéro.

Un hébergement en France et une chaîne de sous-traitance documentée

Les solutions de Youtrust sont exclusivement hébergées en France, avec un chiffrement AES 256 bits et TLS en transit. Une liste exhaustive des sous-traitants ultérieurs est disponible à la demande, dans le respect du RGPD. La politique de sécurité de Youtrust détaille les mesures techniques et organisationnelles mises en œuvre au titre de l'article 32.

Sécurité, dossier de preuve et archivage légal

Youtrust est tiers de confiance et certifié eIDAS en signature électronique, en cachet électronique et en horodatage. Chaque signature génère un dossier de preuve, archivé chez un tiers archiveur certifié au niveau européen. Pour un DPA lui-même, la signature électronique est un moyen simple et légalement valable de prouver qui a accepté quoi, et quand — comme le prévoit l'article 28.9 du RGPD.

Essayer Youtrust gratuitement

Sécurisez vos traitements de données et vos documents signés

Conclusion

Le DPA est le document qui rend la sous-traitance licite et répartit les responsabilités avant tout incident potentiel. Partez d'un modèle officiel, soignez les annexes, négociez le délai de notification et la réversibilité, documentez la qualification de chaque partie. Méfiez-vous des DPA génériques imposés par de grands prestataires comme Google Cloud, AWS ou Microsoft : lisez-les, négociez ce qui peut l'être, et exigez une liste nominative de leurs sous-traitants ultérieurs. Le reste dépend de vos prestataires : un acteur comme Youtrust, qui publie son accord de traitement et la liste de ses sous-traitants, vous simplifie la tâche.

Découvrir les solutions Youtrust

FAQ

  • Un DPA doit-il être signé à la main, ou une acceptation en ligne suffit-elle ?

    L'article 28.9 du RGPD prévoit que le contrat est établi par écrit, y compris sous forme électronique. Un DPA signé électroniquement, ou accepté via des conditions générales intégrant les clauses de l'article 28.3, est valable. L'essentiel est de prouver qui a accepté quoi, et quand.

  • Faut-il un DPA avec un prestataire qui n'accède aux données que ponctuellement, comme un mainteneur informatique ?

    Oui. La CNIL vise expressément les cas de sous-traitance n'impliquant qu'un accès ponctuel aux données, comme les opérations de maintenance. Un prestataire d'infogérance qui peut accéder aux données, même sans les exploiter, est un sous-traitant.

  • Que faire si un prestataire refuse de signer un DPA ou d'en négocier les clauses ?

    C'est un signal d'alerte. Le responsable doit s'assurer que son sous-traitant présente des garanties suffisantes, et ne peut pas se décharger de cette obligation. Sans garantie écrite, documentez la démarche et envisagez de changer de prestataire.

  • Le DPO doit-il valider chaque DPA de l'entreprise ?

    Non. Le délégué à la protection des données informe, conseille et contrôle, au titre de l'article 39 du RGPD. Il n'engage pas sa responsabilité à la place de l'entreprise et n'a pas vocation à signer : la décision reste au responsable de traitement.

  • À quelle fréquence faut-il revoir ses DPA ?

    Aucun délai légal, mais des déclencheurs clairs : changement de périmètre, ajout ou remplacement de sous-traitant ultérieur, évolution des mesures de sécurité. Une revue annuelle, calée sur le registre de traitement, évite de laisser vieillir les annexes.

  • Les données de santé nécessitent-elles un DPA spécifique ?

    Pas un contrat distinct, mais des clauses renforcées. Le DPA doit expressément décrire les mesures de sécurité adaptées aux données de santé (catégorie spéciale, art. 9 RGPD) et préciser les conditions d'accès et de chiffrement. Une analyse d'impact (AIPD) est souvent obligatoire en parallèle.

Découvrez la signature électronique gratuite de Youtrust

Testez Youtrust gratuitement
pendant 14 jours

Comme plus de 30 000 entreprises européennes, faites confiance à Youtrust pour signer et vérifier vos documents.

cta illustration